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Comprendre les feux de navigation (RIPAM)

Par La rédaction — Equipements-Bateaux
Publié le 20 juin 2026 · 8 min de lecture
Bateau naviguant au crépuscule, feux de navigation allumés

La nuit, un bateau n'est plus qu'une constellation de feux colorés. Savoir les lire — et présenter les bons — c'est comprendre, en un coup d'œil, qui vient, dans quelle direction et qui doit s'écarter.

Le Règlement international pour prévenir les abordages en mer, le RIPAM, fixe un langage commun à tous les navires : les feux de navigation. De la tombée du jour au lever, et par visibilité réduite, ils racontent l'essentiel. Encore faut-il en maîtriser la grammaire : couleurs, secteurs, portées et règles de priorité. Voici l'essentiel pour naviguer serein de nuit.

À quoi servent les feux

Les feux de navigation ont une fonction unique mais vitale : rendre chaque bateau visible et compréhensible de nuit ou par visibilité réduite. Leur couleur et leur disposition permettent à un observateur de déterminer trois choses sans échanger un mot : la présence d'un navire, son cap relatif, et son type ou son activité.

Le code repose sur des conventions strictes : le rouge à bâbord, le vert à tribord, le blanc pour le feu de poupe et le feu de tête de mât. En voyant un feu rouge, on sait que le bateau présente son côté gauche ; un vert, son côté droit ; les deux à la fois, qu'il vient droit sur nous. C'est ce langage qui évite les abordages quand l'œil ne distingue plus les coques.

Bateau à moteur ou voilier : ce qui change

La signature lumineuse diffère selon le mode de propulsion, et c'est une information capitale. Un bateau à moteur en route porte ses feux de côté (rouge/vert), un feu de poupe blanc, et surtout un feu de tête de mât blanc visible vers l'avant. Ce feu blanc supérieur est la marque du navire à propulsion mécanique.

Un voilier qui marche à la voile seule porte ses feux de côté et son feu de poupe, mais pas de feu de tête de mât blanc vers l'avant : son absence le distingue immédiatement d'un moteur. Attention : un voilier qui utilise son moteur, même voiles dehors, est réglementairement un navire à moteur et doit allumer ce feu blanc. Les petites unités disposent de configurations simplifiées (feu tricolore en tête de mât pour certains voiliers, feu blanc visible sur tout l'horizon pour les plus petits engins), mais la logique des couleurs reste la même.

Repère utile — Un feu blanc vu vers l'avant, au-dessus des feux de côté, trahit presque toujours un navire à moteur. Pas de feu blanc supérieur : vous avez affaire à un voilier sous voiles.

Secteurs et portées

Chaque feu n'éclaire pas tout l'horizon : il couvre un secteur angulaire précis, ce qui permet de déduire l'orientation du navire. Les feux de côté éclairent chacun vers l'avant et leur travers ; le feu de poupe couvre l'arrière ; le feu de tête de mât éclaire vers l'avant. C'est la combinaison des secteurs visibles qui révèle si un bateau s'éloigne, croise notre route ou vient à notre rencontre.

La portée dépend de la taille du navire : plus il est grand, plus ses feux sont puissants et visibles de loin. Un petit voilier a des feux de portée modeste ; un cargo se voit à plusieurs milles. D'où une règle de prudence : ce n'est pas parce qu'on voit clairement les feux d'un grand navire qu'il vous a, lui, repéré. Si l'on aperçoit deux feux blancs superposés (tête de mât avant et arrière d'un grand bâtiment), on a affaire à un navire long : on s'écarte largement.

« De nuit, le marin ne lit pas une coque : il lit des couleurs et des secteurs. Tout le RIPAM tient dans cette lecture. »

Priorités et vérification de ses feux

Lire les feux ne sert qu'à appliquer les règles de barre. Schématiquement : quand deux navires à moteur se croisent de face, chacun vient sur tribord ; quand leurs routes se croisent, celui qui voit l'autre sur son tribord (feu rouge de l'autre face à lui) doit manœuvrer et s'écarter. Un voilier a généralement priorité sur un navire à moteur, mais jamais sur un navire contraint par son tirant d'eau ou difficile à manœuvrer. La règle d'or demeure : tout faire pour éviter l'abordage, quitte à manœuvrer même quand on est « privilégié ».

Encore faut-il que vos propres feux fonctionnent. Avant toute navigation de nuit, on vérifie l'allumage de chaque feu, la bonne couleur, l'absence de feu grillé et la propreté des optiques (le sel ternit le verre et réduit la portée). On contrôle aussi l'absence de masquage par une voile, un bimini ou un équipement. Présenter de faux feux — un voilier qui oublie d'allumer son feu blanc au moteur, par exemple — c'est mentir aux autres navires. Pour le détail de l'équipement de signalisation et de feux obligatoire selon votre programme, appuyez-vous sur notre simulateur Division 240.

Questions fréquentes

Que signifie le RIPAM ?
C'est le Règlement international pour prévenir les abordages en mer. Il fixe les règles de barre, de route et de signalisation (feux et marques) que tous les navires doivent respecter pour éviter les collisions.
Quand faut-il allumer ses feux ?
Du coucher au lever du soleil, et de jour par visibilité réduite (brume, grain, brouillard). Dans le doute sur la luminosité, on allume : mieux vaut être vu trop tôt que trop tard.
Un voilier a-t-il toujours la priorité ?
Souvent face à un navire à moteur, mais pas systématiquement : il s'efface devant un navire contraint par son tirant d'eau, difficile à manœuvrer, ou en train de pêcher. Et même prioritaire, on manœuvre toujours s'il le faut pour éviter l'abordage.
La rédaction
Notre équipe teste, compare et documente l'équipement et l'entretien de la plaisance pour vous aider à naviguer en sécurité.