Une VHF ASM lance un appel de détresse codé d'un seul bouton, encore faut-il qu'elle soit programmée avec un numéro MMSI valide. Voici à quoi il sert et comment l'obtenir.
La VHF marine est l'outil de communication et de sécurité de base à bord. Les modèles modernes intègrent l'ASN — Appel Sélectif Numérique — qui permet d'envoyer une alerte de détresse normalisée et géolocalisée en appuyant sur un seul bouton. Mais cette fonction reste muette tant que la radio n'est pas programmée avec un identifiant unique : le numéro MMSI. Sans lui, l'ASN ne sert à rien.
ASN et MMSI : de quoi parle-t-on ?
L'ASN (en anglais DSC, Digital Selective Calling) est un système qui transmet, sur un canal dédié, un message numérique standardisé entre stations VHF. Il sert à lancer des appels individuels, des appels de groupe et, surtout, l'appel de détresse. C'est une couche numérique qui s'ajoute à la phonie classique de la VHF.
Le MMSI (Maritime Mobile Service Identity) est le numéro à neuf chiffres qui identifie de façon unique la station radio du bateau. C'est en quelque sorte le « numéro de téléphone » de la VHF dans le réseau de détresse. Les trois premiers chiffres (l'indicatif de pays, ou MID) indiquent la nationalité d'enregistrement. Sans MMSI programmé, la fonction ASN de la radio est inutilisable.
À quoi sert l'ASN en cas de détresse
L'intérêt majeur de l'ASN est l'appel de détresse en un geste. En soulevant le capot rouge dédié et en maintenant le bouton, la VHF émet automatiquement un message contenant l'identité du bateau (via le MMSI) et, si la radio est reliée à un GPS, sa position exacte. Les stations côtières (CROSS en France) et les navires à portée reçoivent l'alerte instantanément, avec l'identité et la position.
L'avantage est décisif : pas besoin de prononcer un message vocal parfait dans la panique, l'alerte part codée, complète et géolocalisée. La phonie prend ensuite le relais pour préciser la nature du sinistre. Encore faut-il que les informations programmées soient justes — d'où l'importance d'un MMSI valide et d'un raccordement GPS fonctionnel.
- MMSI : identifie le bateau dans l'alerte.
- GPS raccordé : ajoute la position automatiquement.
- Bouton détresse : déclenche l'appel codé d'un seul geste.
Obtenir son MMSI : la démarche en France
En France, le MMSI est délivré par l'ANFR (Agence nationale des fréquences) au moment de l'attribution de la licence de station de navire. Concrètement, on déclare son équipement radio et l'ANFR attribue à la fois la licence et le numéro MMSI, qui sont rattachés au bateau. Cette démarche est généralement gratuite et se fait en ligne.
Une fois le MMSI reçu, on le programme dans la VHF. Attention : sur la plupart des appareils grand public, la saisie du MMSI n'est possible qu'une seule fois par l'utilisateur ; une erreur impose ensuite de passer par un professionnel pour réinitialiser la radio. Mieux vaut donc saisir le numéro avec le plus grand soin. Pensez aussi à tenir vos coordonnées à jour auprès de l'ANFR pour que les secours puissent vous identifier correctement.
Licence, CRR et raccordement au GPS
Deux notions ne se confondent pas. La licence de station de navire, délivrée par l'ANFR, autorise l'usage de la radio à bord et porte le MMSI. Le CRR (Certificat Restreint de Radiotéléphoniste) est, lui, un certificat personnel attestant que l'opérateur sait utiliser une VHF — il est requis dès lors qu'on embarque une VHF fixe ASN. L'un concerne le matériel, l'autre l'opérateur.
Côté installation, reliez impérativement la VHF à une source de position. Beaucoup de VHF fixes intègrent désormais un récepteur GPS, ou se raccordent au GPS du bord via une liaison de données. Sans position, l'appel de détresse part avec l'identité mais sans coordonnées, ce qui fait perdre un temps précieux. Pour bien choisir et intégrer votre source de position, consultez notre guide du GPS marine.