Sur un voilier de croisière comme sur un bateau à moteur, le mouillage est l'une des manœuvres les plus exigeantes physiquement. Le guindeau électrique change tout — à condition de bien le dimensionner.
Remonter dix, vingt ou trente mètres de chaîne à la main, plusieurs fois par jour, finit par user les dos comme les épaules. Le guindeau électrique apporte confort et sécurité, mais un modèle mal choisi tire trop sur la batterie, peine à la tâche et s'use prématurément. Voici les points à vérifier avant d'acheter.
Vertical ou horizontal ?
Le guindeau vertical, le plus répandu en plaisance, place le moteur sous le pont. Il libère de la surface, offre un meilleur angle d'enroulement de la chaîne sur le barbotin et résiste mieux aux paquets de mer. Le guindeau horizontal garde tout le mécanisme au-dessus du pont : il s'impose quand la hauteur disponible dans le puits à chaîne est insuffisante, ou en rénovation lorsqu'on ne peut pas percer le pont.
Le barbotin : la pièce maîtresse
Le barbotin (la roue à empreintes qui entraîne la chaîne) doit être parfaitement adapté au calibre et au pas de votre chaîne. Une chaîne de 8 mm en norme ISO et une chaîne de 8 mm en norme DIN n'ont pas le même pas : un barbotin mal accordé fait sauter la chaîne, broute, et devient dangereux. Vérifiez la référence exacte de votre chaîne avant tout achat.
Quelle puissance choisir
En dessous de ce seuil de trois fois le poids (ancre + chaîne intégralement déployée), vous fatiguez prématurément le moteur et tirez excessivement sur la batterie de service. Ce tableau donne un ordre de grandeur courant selon la taille du bateau :
| Longueur du bateau | Chaîne typique | Puissance indicative |
|---|---|---|
| Moins de 8 m | 6 mm | 500 à 700 W |
| 8 à 11 m | 8 mm | 1000 W |
| 11 à 14 m | 10 mm | 1200 à 1500 W |
| Plus de 14 m | 10–12 mm | 1500 W et plus |
L'installation électrique, ce qui fait la différence
Un guindeau, c'est un gros consommateur ponctuel : à l'effort, il peut tirer plusieurs dizaines, voire plus de cent ampères. D'où quelques impératifs :
- Une batterie de service dédiée placée au plus près du guindeau, idéalement à l'avant.
- Une section de câble généreuse pour limiter la chute de tension sur une longue distance.
- Un disjoncteur ou coupe-circuit dimensionné, et un contacteur de pont étanche.
- Une commande au choix : pédales de pont, télécommande filaire ou sans fil, voire contrôle depuis le poste de barre.
Notre sélection comparée
Trois valeurs sûres, du day-boat au voilier de grand voyage :
Entretien
Un rinçage à l'eau douce après chaque sortie élimine le sel, principal ennemi du mécanisme. Une fois par saison, démontez le barbotin, graissez l'axe, vérifiez l'embrayage et l'état des cosses électriques (un point de corrosion crée une résistance et fait chuter la puissance). Un guindeau entretenu dure facilement quinze ans.


