Un gilet gonflable ne se gonfle qu'une fois : le jour où l'on tombe à l'eau. Encore faut-il qu'il fonctionne ce jour-là. L'entretien tient en quelques gestes annuels.
Le gilet de sauvetage à percuteur a remplacé l'encombrant gilet en mousse : léger, discret, il se porte sans effort et c'est précisément pourquoi on l'oublie. Or, sous sa housse, un mécanisme attend de fonctionner parfaitement. Cartouche, pastille, enveloppe : chacun de ces éléments a une durée de vie et mérite un contrôle régulier.
La cartouche de CO2
C'est le cœur du système : une cartouche de gaz sous pression libère le CO2 qui gonfle l'enveloppe en une seconde. Lors de la vérification, on ouvre la housse et on dévisse partiellement la cartouche pour l'inspecter. Deux points sont rédhibitoires : la cartouche doit être pleine et non percée — un orifice au sommet signifie qu'elle a déjà été utilisée — et elle ne doit présenter aucune trace de corrosion.
Une cartouche dont le filetage ou le corps montre de la rouille doit être remplacée, même neuve d'aspect : la corrosion peut avoir percé le métal. Pesez-la en cas de doute : son poids est gravé sur le corps, un écart révèle une fuite. Revissez toujours la cartouche fermement, mais sans forcer.
La pastille de déclenchement
Le percuteur automatique repose sur une pastille (ou un comprimé) sensible à l'eau qui, en fondant au contact, libère le ressort qui perce la cartouche. Cet élément est périssable et porte une date de péremption à respecter scrupuleusement.
Une pastille humide, gonflée, friable ou déjà partiellement dissoute doit être changée immédiatement : un gilet stocké dans un coffre humide peut voir sa pastille se dégrader bien avant sa date théorique. Les systèmes hydrostatiques, plus coûteux, ne se déclenchent qu'en immersion réelle : ils évitent les déclenchements intempestifs sous la pluie ou les embruns, mais leur cartouche de service a, elle aussi, une échéance.
Le test d'étanchéité
Une enveloppe percée, même d'un trou minuscule, peut se dégonfler en quelques minutes une fois en mer. Le test consiste à gonfler le gilet à la bouche, par le tube buccal de regonflage, jusqu'à ce qu'il soit ferme, puis à le laisser ainsi 12 à 24 heures, à l'abri.
Si l'enveloppe est encore tendue le lendemain, elle est étanche. Si elle a molli, recherchez la fuite — souvent au niveau des coutures ou du tube — en passant de l'eau savonneuse : les bulles trahissent le défaut. Un gilet qui fuit n'est plus fiable : il doit être confié à un atelier agréé ou réformé. Une fois le test terminé, dégonflez complètement le gilet en pressant la valve, sans aspirer brutalement.
Périodicité et stockage
La règle est simple : un contrôle visuel personnel au moins une fois par an, idéalement en début de saison, et une révision en atelier agréé selon les préconisations du fabricant — souvent recommandée tous les deux ans, et indispensable après chaque déclenchement. Pour rappel, le port et la présence de gilets adaptés relèvent du matériel d'armement réglementaire : notre simulateur Division 240 précise ce que votre programme de navigation impose à bord.
Le stockage joue un rôle décisif sur la longévité : on range les gilets secs, à plat ou suspendus, dans un endroit aéré et à l'abri de la chaleur, jamais comprimés au fond d'un coffre humide. Après une sortie arrosée d'embruns, on les laisse sécher avant rangement. Rincez à l'eau douce les gilets régulièrement exposés au sel. Un gilet bien stocké traverse les saisons ; un gilet oublié dans l'humidité voit sa pastille et sa cartouche se dégrader en silence.