Le grab-bag, ou sac d'abandon, est le sac qu'on attrape d'un seul geste si l'on doit quitter le bateau pour le radeau de survie. Bien pensé, il fait gagner les minutes qui comptent.
On embarque rarement en imaginant le pire. Pourtant, le jour où la coque se remplit plus vite que les pompes ne vident, on n'a ni le temps ni l'esprit clair pour rassembler une lampe, des fusées et de l'eau. Le grab-bag répond à cette logique simple : tout le vital, réuni à l'avance, dans un seul contenant qu'on emporte sans réfléchir. Voici comment le constituer.
Qu'est-ce que le sac d'abandon ?
Le grab-bag complète le radeau de survie, il ne le remplace pas. Un radeau homologué contient déjà un armement de base (eau, signaux, écope, ancre flottante selon les modèles), mais cette dotation est minimale et calibrée pour quelques heures. Le sac d'abandon, lui, prolonge l'autonomie et regroupe ce qui vous est propre : vos papiers, votre moyen d'alerte, vos médicaments.
Le contenant idéal est souple, flottant et étanche : un sac de type « dry bag » à fermeture roulée, de couleur vive, muni d'une bretelle solide. Il doit pouvoir être saisi à l'aveugle, à proximité immédiate du poste de barre ou de la descente. On le range toujours au même endroit, connu de tout l'équipage.
Les indispensables à y placer
Le contenu se hiérarchise autour de trois fonctions vitales : alerter, être vu, tenir. Voici une liste de référence à adapter à votre programme de navigation :
- Une balise de détresse — idéalement une balise personnelle (PLB) ou une VHF portable étanche, pour déclencher l'alerte et communiquer.
- De l'eau douce — quelques bouteilles ou des poches d'eau de secours ; la déshydratation est l'ennemie numéro un en survie.
- De la signalisation — feux à main, fumigène, lampe étanche, miroir de signalisation et un sifflet pour attirer l'attention.
- Une couverture de survie — voire une combinaison thermique, pour lutter contre l'hypothermie, principal danger après le naufrage.
- Une trousse de premiers secours compacte, avec vos médicaments personnels et de quoi traiter le mal de mer.
- De quoi écoper et réparer — couteau, bout, ruban adhésif fort, et l'écope si le radeau n'en a pas.
- Des rations énergétiques à longue conservation et faibles en sel.
Pour savoir précisément quel matériel de sécurité est obligatoire selon votre distance d'éloignement d'un abri, consultez notre simulateur Division 240 : il établit la liste réglementaire qui doit déjà se trouver à bord, et que le grab-bag vient compléter.
Papiers et téléphone : le réflexe étanche
On l'oublie souvent, mais une fois récupéré, il faut prouver son identité et joindre les secours ou ses proches. Réunissez dans une pochette étanche : photocopies des pièces d'identité, du titre de navigation, du permis, des contacts d'urgence et un peu de monnaie. Ces copies évitent que tout disparaisse avec le bateau.
Le téléphone portable, dans une coque ou une poche étanche, reste un complément précieux : à proximité des côtes, il peut capter là où la VHF ne suffit pas. Mais il ne remplace jamais un moyen d'alerte dédié : une batterie externe chargée fait partie du kit.
Organiser et vérifier le sac
Un sac d'abandon n'est utile que s'il reste opérationnel. Organisez-le par couches : au-dessus, ce qu'on saisit en premier (signalisation, balise) ; en dessous, l'eau et les rations. Une liste plastifiée du contenu, fixée à l'intérieur, sert d'inventaire et de pense-bête.
La vérification se fait au minimum une fois par saison, avant le premier départ : on contrôle les dates de péremption de l'eau, des rations et des feux à main, on teste les piles des lampes et l'autonomie des balises, on remplace ce qui a vieilli. Notez les dates de péremption les plus proches sur la liste pour anticiper. Enfin, présentez le sac à tout l'équipage en début de saison : chacun doit savoir où il est rangé et ce qu'il contient.